28 avril 2008

Ce n'est que le commencement !




Photo que j'ai prise lors de la visite de l'école pour les enfants sourds , facinée devant ses yeux bleus si rares et magnifiques ... si uniques ...




Photo qui peint la beauté de ce pays : magnifique plein d'éspérence!




Travail, plaidoyer, témoigner, convaincre sensibiliser tels sont nos resposabilités dés à présent .. la mission ne fait que commencer !

Sur le départ ...


Dimanche 27 Avril 2008


La journée commence par la visite d'un mémorial dédié aux enfants morts durant l'apartheid. Il fut érigé en 1994 par des jeunes Maliens accompagnés d’artistes.

Ensuite, notre chauffeur nous a accompagné sur la marché artisanal de Bamako pour faire quelques achats mais aussi dans le but de nous montrer la manière dont vit la population commerçante et pour connaître les traditions et la culture Africaine.


A la suite de cette visite, nous rentrons à l'hôtel une dernière fois pour boucler nos valises: c'est la fin. Nouveau moment de déchirement lorsque nous devons quitter Brigitte (Chargée de communication au bureau régional de l'UNICEF à Dakar). Elle nous a accompagnée tout au long de notre mission en terre d'Afrique. Son charisme et son professionnalisme nous manquera beaucoup. (nous resterons tes bébés : piou Piou)

20h30: Ça y est nous partons, l'avion nous attend sur la piste de l'aéroport de Bamako. En montant sur la passerelle de l'avion, nous nous retournons tous une dernière fois et jetons un regard ému sur la terre qui nous a accueilli pendant 1 semaine. Lors du décollage de l'avion, Les larmes arrivent, l'émotion est à son comble, nous reviendrons, on le sait déjà.

Quand vient la fin de... la mission !


Voici (enfin), le compte-rendu de la journée du Samedi 26 avril...


La journée commence par la visite du centre d'écoute communautaire de Niamakoro, un quartier de Bamako. Nous sommes accueillis par le directeur du centre et le président de l'association gérante du site. Cette association est chargée de développer le quartier et surtout d’être à l’écoute des jeunes afin de promouvoir leurs activités et leurs capacités. Ce centre d’écoute fut crée en 1994 dans une dynamique de désenclavement de la population pour réduire la délinquance. Pour permettre aux jeunes de s’exprimer, une troupe artistique à été créée en collaboration avec des artistes locaux. Nous assistons donc à cette occasion à une démonstration de Karaté par des jeunes du centre. Les objectifs du centre étant l’écoute, l’accueil et l’orientation des jeunes les animateurs proposent des activités d’alphabétisation ou encore des cours de soutien particulier pour renforcer les cours dispensés dans l’école communautaire voisine du centre que nous visiterons par la suite. Il nous est préciser que environ 150 enfants sont accueillis chaque année et 2000 enfants ont été pris en charger depuis 1994. A la suite de leur passage dans cette structure, 200 d’entre eux ont intégré une formation professionnelle, 500 ont pu être scolarisées et 100 filles formées à un métier et installées à leur compte.
Ensuite, visite de l’école communautaire voisine … 862 élèves dans 8 salles de classes pas plus grandes qu’un garage en France … Des conditions d’apprentissage plus que difficiles : chaleur, poussière, ordures jonchant le sol, promiscuité. Nous ne pouvons que déplorer l’état de cette écoles où l’on tente de dispenser des cours et une manière de vivre à des élèves entassés comme du bétail. Réalité ou mise en scène pour nous toucher ? En tout cas cette situation a tout d’un scénario catastrophe. On note quand même que la communauté fait de réels efforts pour scolariser le plus d’enfants possible.
Après cette visite nous partons déjeuner avec le représentant de l’UNICEF Mali pour faire un bilan de notre mission. A cette occasion, nous avons dû quitter nos deux coordinateurs locaux ( Mariam et Sekou ), il va sans dire que cet au revoir nous a vraiment fendu le cœur et que l’émotion était au rendez-vous. Nous ne pourrons jamais oublier les moments passés avec eux lors de cette semaine. Les mots de Mariam nous sont allés droit au cœur (ce qui explique les effusions de larmes .. ) si nous avons été « comme tes enfants » et bien toi, tu as été comme une mère pour nous ainsi que Sekou.
C’est donc vers 16h00 que nous nous rendons dans une des écoles Coranique de Bamako. Celle-ci se présente sous forme d’un campus, où loge près de 700 enfants. Leur journée se déroule de la manière suivante : Prière et étude du Coran, mendicité pour manger et pour finir étude du Coran. Nous constatons une fois de plus que les conditions dans lesquelles vivent ces enfants sont catastrophiques. Les eaux usées traversent le campus, ils logent dans 10m² à plus de 30 par dortoir, ils doivent mendier pour manger … Bref, autant de conditions de vie inacceptables pour un enfant. Le rôle de l’UNICEF dans ce genre de situation est de plaidoyer auprès des gouvernements pour tenter de stopper ce genre de pratiques néfastes pour le développement d’un enfant.

Ainsi s’achève la dernière journée d’intervention sur le terrain, retour à l’hôtel, nostalgie, choc, émotions, tous les sentiments se mélangent. Plus que quelques heures avant la fin de la mission.
Les Jeunes Ambassadeurs

27 avril 2008

Voila ...c'est fini


Les jeunes ambassadeurs prennent tout a l'heure leur avion pour Paris. Je publie le texte que Quentin a ecrit hier avec les autres ambassadeurs, sur le portable de Carole, dans le mini bus au milieu des embouteillages de Bamako.
"Vendredi et avant dernier jour de mission pour les Jeunes Ambassadeurs. Dès l’aube, direction Kalifabougou à 30 km de Bamako pour la visite d’un autre centre de santé communautaire appuyé par l’UNICEF. A notre arrivée, nous sommes accueillis par le médecin chef de centre, ses collaborateurs, et les autorités locales comme par exemple la mairie du village qui apporte un soutien moral et financier. Nous ouvrons donc cette rencontre par la présentation de l’établissement, ses enjeux, ses actions. Il s’avère qu’ici malheureusement ce centre rencontre quelques difficultés de fonctionnement, d’approvisionnement et de formation. La découverte de cette autre face des services de santé communautaires nous permet d’observer les failles d’un système où les programmes restent à améliorer et à suivre avec davantage de moyens. Tout comme dans les autres centres de santé communautaires, les habitants du village (un médecin et 5 infirmières pour plus de 14000 habitants) peuvent venir se faire vacciner, soigner, accoucher et trouver les médicaments et matériels nécessaires à la protection de la santé infantile.

Suite à cela, retour à Bamako au bureau régional de terrain de l’UNICEF Mali où nous attend le représentant M. Marcel RUDASINGWA pour le débriefing de la « Mission Mali ». Nous avons donc à cette occasion pu poser toutes nos questions aux directeurs de programmes présents pour compléter nos connaissances et éclaircir les points qui restaient ombrageux. Nous exposons aussi nos remarques et réflexions sur l’organisation de la Mission. Pour synthétiser, l’ensemble des remarques du comité Français, on peut dire que cette mission nous a permis d’acquérir bon nombre de connaissances sur les pratiques, la culture et la vie de la population d’un pays mais il nous a manqué quelques points de vue contraires à l’évolution et la participation des enfants.

Pour clore la journée, nous avons été accueillis dans un complexe d’écoute et de soin de jeunes, l’ASDAP, où ils peuvent être écoutés et soignés par des professionnels de la santé (psychologues, aide-soignants, médecins…) A cette occasion, nous rencontrons, les « pairs éducateurs » afin de dialoguer avec eux et présenter nos missions respectives au sein des communautés dans lesquelles nous vivons. Ces jeunes qui ont entre 12 et 18 ans sont formés par des éducateurs sur le thème du « VIH / SIDA et la santé sexuelle des jeunes ». Il sont chargés de sensibiliser, d’informer et d’écouter les jeunes qu’ils côtoient au quotidien. Sélectionnés sur la base des résultats scolaires, de leur engagement et de leur courage, ces jeunes témoignent d’un véritable engagement et sont la figure d’une société « jeune » qui avance et qui cherche à faire évoluer les mentalités.

Ainsi s’achève notre 5ème journée d’action sur le terrain, nous sommes épuisés mais la nostalgie du voyage commence à nous gagner.

Les Jeunes Ambassadeurs au Mali".

25 avril 2008

Une journée parlementaire…


Le début de la journée s’est déroulé tranquillement. Nous sommes de retour à Bamako. Après le déjeuner, les enfants du Parlement National des Enfants du Mali nous attendaient à la Cité des Enfants (qui recueille des jeunes de tous horizons sociaux). Ils nous ont expliqué leur place dans la société, leurs actions, les problèmes auxquels ils sont confrontés… Puis, comme à notre habitude, nous nous sommes retrouvés en petits groupes de deux Jeunes Ambassadeurs avec plusieurs jeunes parlementaires. Les discussions étaient diverses, nous avons parlé du problème de l’excision, de la mendicité des enfants, leur place par rapport à l’Etat, leur projet pour le Mali, leurs souhaits d’avenir…

La rencontre avec ces jeunes nous a surtout permis de prendre conscience que les efforts du gouvernement malien sont très importants. En effet, en France, les projets pédagogiques qui visent à laisser les jeunes DECIDER ne sont pas équivalents à ceux du Mali. N’est-ce pas étrange que le Mali ait des choses à nous apprendre ? N’est-ce pas un peu ironique ?

La France a beaucoup à apprendre du Mali, et plus généralement des pays en voie de développement. Quelques petites leçons ne sont-elles pas à donner ?

A nous de jouer…


La présidente du Parlement Nationale des Enfants du Mali a dit « Nous nous sommes des enfants et nous osons dire ce que les adultes n’osent pas »


INTERVIEW :

Les jeunes ambassadeurs : « Que pensez-vous de l’excision ? »
Les jeunes garçons parlementaires : « -Une fille excisée, je trouve ça horrible ! Je me demande comment une personne est- elle capable moralement d’exciser une jeune fille. Par ailleurs, une de mes sœurs est morte lorsqu’elle a accouché à cause de son excision. C’est pour ça que si j’aime une femme, je l’épouserai qu’elle soit excisée ou non ! »
Les jeunes filles parlementaires : « L’excision est une tradition de notre pays et les anciens, ceux qui dirigent la société, mettent l’excision comme une obligation, un rite obligatoire pour faire partie de la famille, pour son honneur. De plus, selon eux, la communauté malienne a peur d’une nouvelle colonisation, ils considèrent que les Occidentaux condamnent l’excision pour imposer leur mode de vie et par conséquent effacer la culture malienne. Par ailleurs, celles qui ne sont pas excisées sont rejetées par les autres et se sentent honteuses. »
Les jeunes parlementaires : « C’est un des sujets les plus dures à traiter et c’est un des thèmes qui nous tient le plus à cœur. Nous nous engageons donc à sensibiliser la communauté malienne. »

24 avril 2008

Sur le chemin de la Santé …


(Nous avons écrit ce texte hier en fin d'après-midi : mercredi).

Nous sommes, après une nuit de repos, sur le départ pour aller visiter le centre communautaire de santé de Sansanding à 50 km de Ségou où nous avons passé la nuit après quelques contacts entre nous et les commerçants locaux… Nous arrivons après 45 minutes de voyages sur les routes bordées d’un paysage aride. Là bas, nous avons découvert un moyen de « plaidoyer » des centres médicaux pour la population à propos de tout ce que les parents doivent faire pour protéger les droits de l’enfant. Tout d’abord, les salles médicales, avec un sol en terre battue permettent aux femmes enceintes d’accéder à une aide médicale et à l’urgence. Ensuite, la pharmacie du centre est approvisionnée par l’UNICEF et un médicament local, la spiruline, qui lutte contre la malnutrition, riche en nutriment.

Pour cette deuxième étape de la journée nous sommes allés dans une école amie des enfants, amie des filles, où nous avons été accueillis comme des rois par plus de 1500 élèves. La particularité de cet établissement est son autonomie financière. C’est-à-dire qu’ils achètent leur matériel scolaire avec les profits générés par la vente des produits agricoles, fruits et légumes. En effet, ils cultivent toutes ces denrées dans un grand jardin dont ils s’occupent quotidiennement ! Un bel exemple de responsabilités et de prise en compte des réalités économiques.

Ensuite, nous nous sommes rendus dans un centre d’accueil de jeunes de la rue. Ce centre n’accueille que des garçons et c’est aussi un foyer où les jeunes bénéficient d’un toit, ils sont logés ! Cependant, cet établissement manque cruellement de moyens, et le suivi des enfants n’est pas parfaitement entrepris.

Nous avons été invités à participer à une émission radio locale. Cela nous a permis de faire passer notre message à la population et de rencontrer des jeunes Maliens (parlementaires et journalistes) très engagés dans le développement de leur pays !

Ce soir, un spectacle comprenant des jeunes déscolarisés nous attend… Que le show commence !

Quand le soleil chauffe …

(Je publie aujourd'hui un texte que nous avons écrit mardi...)

Après la seconde nuit passée en terre Africaine à Bamako, nous avons dû nous lever… tôt !

L’UNICEF du Mali nous a concocté pour la journée un programme concernant l’éducation. De bonne humeur malgré la fatigue, nous sommes partis à la découverte du groupe scolaire Nelson MANDELA, un complexe scolaire accueillant près de 3000 élèves du primaire à la 9ème (équivalent à la 3ème en France).

Une foule d’enfants est venue nous accueillir comme des pachas (même notre président ne fait pas mieux…). Nous avons fait, pour commencer, le tour de l’école pour découvrir les bâtiments dans lesquels ces enfants reçoivent les cours dispensés dans des classes pouvant aller jusqu'à 160 élèves. Et là, choc de culture ! Des salles engorgées, des classes néanmoins immenses mais un seul professeur pour ces enfants. L’éducation est donc moins efficace, les élèves doivent faire face eux mêmes à leurs propres difficultés. Ainsi, ils instaurent un système de solidarité beaucoup plus fort et profond qu’en France : par exemple si un élève est malade et que sa famille n’a pas les moyens de se payer les médicaments adéquats, les élèves organiseront une collecte dans toute l’école pour aider un de leur camarade.

A ce stade de la visite, nous pouvons déjà constater que les élèves ne peuvent pas suivre décemment des cours dans ces conditions (c’est un fait qu’ils nous confirmeront par la suite). Nous nous sommes rendus ensuite dans la salle de conférence de l’école où nous attendaient le gouvernement des enfants. Nous avons donc pu découvrir cet outil pédagogique mis en place dans les « écoles amies des enfants ».

Il s’agit pour eux d’élire dans chaque classe des représentants dits « ministres » ou « conseilleurs spéciaux ». Ils sont donc chacun chargés de réfléchir et d’établir des discussions autour d'un domaine les concernant comme la sécurité, l’hygiène, le chômage ou encore la santé. En occupant ces fonctions, les jeunes sont donc sensibilisés à la vie citoyenne et peuvent s’exprimer comme ils le souhaitent. Nous constatons donc qu’au Mali, encore plus qu’ailleurs (en particulier en France), l’avis et l’opinion des enfants, des jeunes, est pris en compte. Ils pensent donc que « les plus aptes à pouvoir juger et prendre des décisions » sur la cause des enfants sont les jeunes eux-mêmes.

Après leur avoir posé énormément de questions, nous nous sommes regroupés en petits groupes pour pouvoir mieux échanger. Ainsi, ils nous ont beaucoup questionnés sur les conditions de vie des enfants en France, si nous rencontrions les mêmes problèmes qu’eux sur l’excision, les mariages forcés… Les filles nous ont donc délivré un message très fort sur leur envie d’une nouvelle vie basée sur l’équité. Ainsi, elles refusent l’excision, la polygamie et éduquent leurs parents. N’est-ce pas la preuve que la vision occidentale est bien éloignée de la réalité ? Que nos jugements européens sont stigmatisés ?

En tout cas, c’était notre impression, que nous voulions vous faire passer…

L’équipe des jeunes ambassadeurs « waouh » !