24 avril 2008

Quand le soleil chauffe …

(Je publie aujourd'hui un texte que nous avons écrit mardi...)

Après la seconde nuit passée en terre Africaine à Bamako, nous avons dû nous lever… tôt !

L’UNICEF du Mali nous a concocté pour la journée un programme concernant l’éducation. De bonne humeur malgré la fatigue, nous sommes partis à la découverte du groupe scolaire Nelson MANDELA, un complexe scolaire accueillant près de 3000 élèves du primaire à la 9ème (équivalent à la 3ème en France).

Une foule d’enfants est venue nous accueillir comme des pachas (même notre président ne fait pas mieux…). Nous avons fait, pour commencer, le tour de l’école pour découvrir les bâtiments dans lesquels ces enfants reçoivent les cours dispensés dans des classes pouvant aller jusqu'à 160 élèves. Et là, choc de culture ! Des salles engorgées, des classes néanmoins immenses mais un seul professeur pour ces enfants. L’éducation est donc moins efficace, les élèves doivent faire face eux mêmes à leurs propres difficultés. Ainsi, ils instaurent un système de solidarité beaucoup plus fort et profond qu’en France : par exemple si un élève est malade et que sa famille n’a pas les moyens de se payer les médicaments adéquats, les élèves organiseront une collecte dans toute l’école pour aider un de leur camarade.

A ce stade de la visite, nous pouvons déjà constater que les élèves ne peuvent pas suivre décemment des cours dans ces conditions (c’est un fait qu’ils nous confirmeront par la suite). Nous nous sommes rendus ensuite dans la salle de conférence de l’école où nous attendaient le gouvernement des enfants. Nous avons donc pu découvrir cet outil pédagogique mis en place dans les « écoles amies des enfants ».

Il s’agit pour eux d’élire dans chaque classe des représentants dits « ministres » ou « conseilleurs spéciaux ». Ils sont donc chacun chargés de réfléchir et d’établir des discussions autour d'un domaine les concernant comme la sécurité, l’hygiène, le chômage ou encore la santé. En occupant ces fonctions, les jeunes sont donc sensibilisés à la vie citoyenne et peuvent s’exprimer comme ils le souhaitent. Nous constatons donc qu’au Mali, encore plus qu’ailleurs (en particulier en France), l’avis et l’opinion des enfants, des jeunes, est pris en compte. Ils pensent donc que « les plus aptes à pouvoir juger et prendre des décisions » sur la cause des enfants sont les jeunes eux-mêmes.

Après leur avoir posé énormément de questions, nous nous sommes regroupés en petits groupes pour pouvoir mieux échanger. Ainsi, ils nous ont beaucoup questionnés sur les conditions de vie des enfants en France, si nous rencontrions les mêmes problèmes qu’eux sur l’excision, les mariages forcés… Les filles nous ont donc délivré un message très fort sur leur envie d’une nouvelle vie basée sur l’équité. Ainsi, elles refusent l’excision, la polygamie et éduquent leurs parents. N’est-ce pas la preuve que la vision occidentale est bien éloignée de la réalité ? Que nos jugements européens sont stigmatisés ?

En tout cas, c’était notre impression, que nous voulions vous faire passer…

L’équipe des jeunes ambassadeurs « waouh » !

1 commentaire:

Jordan a dit…

Comme indiqué dans votre article, notre vision du monde et notamment des pays africains est bien différente de la realité...nous avons beaucoup de chose a retenir de ceci